Ce que la loi appelle une faute
L’article 212 du Code civil énonce en une phrase les devoirs du mariage : les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance. L’adultère est le manquement le plus direct à ce texte, et c’est à ce titre — non pas au titre de la morale — qu’il intéresse le juge.
« Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance. » Article 212 du Code civil
Encore faut-il que le manquement soit qualifié. L’article 242 du même code réserve le divorce pour faute aux faits constituant une violation grave ou renouvelée des devoirs du mariage, imputables au conjoint, et rendant intolérable le maintien de la vie commune. Ce sont trois conditions distinctes, et la première d’entre elles se prouve mal par un seul indice : un message isolé, un doute, une absence inexpliquée n’établissent rien. Ce qui établit, c’est un ensemble de constatations concordantes, datées et localisées.
Vous ne risquez aucune poursuite pénale
L’adultère a cessé d’être un délit en 1975. Ni vous, ni votre conjoint, ni la personne concernée ne vous exposez à quoi que ce soit sur le plan pénal. Ce qui se joue est civil : la répartition des torts dans le divorce, et ses conséquences patrimoniales.
Votre situation relève-t-elle de l’article 242 ? Nous vous le disons en un échange, sans engagement.
Demander une consultationLes situations qui justifient une enquête
Une enquête n’a de sens que si ce que vous avancez ne peut pas être établi autrement, et si l’établir change quelque chose à votre procédure. En pratique, les demandes que nous recevons relèvent de cinq cas.
- Vous engagez un divorce pour faute et votre avocat vous a indiqué que le dossier manquait d’éléments matériels pour soutenir le grief.
- Votre conjoint conteste les faits, et la procédure s’enlise faute de pouvoir départager deux versions opposées.
- Une vie commune est dissimulée : la personne concernée réside en réalité ailleurs qu’à l’adresse déclarée, ce qui pèse sur les charges, le logement et la contribution.
- Vous demandez des dommages et intérêts au titre du préjudice subi, et il faut établir non seulement le fait mais son caractère répété ou public.
- Vous avez besoin de savoir avant de décider. Certains de nos clients ne veulent pas de procédure : ils veulent sortir du doute. C’est une demande légitime, et nous la traitons comme les autres.
Un soupçon n’est pas une preuve
Une enquête peut confirmer ce que vous pensez. Elle peut aussi établir l’inverse, et nous vous le dirons. Notre rôle n’est pas de vous donner raison : un rapport qui force le trait se retourne contre celui qui le produit, et il n’y a rien de pire, dans une procédure de divorce, que de perdre sa crédibilité auprès du juge.
Vous vous reconnaissez dans l’une de ces situations ? Exposez-la-nous : nous vous dirons franchement ce qu’une enquête peut établir — et ce qu’elle ne pourra pas.
Demander une consultationCe que nos enquêteurs peuvent établir
Les investigations portent sur des faits vérifiables, relevés depuis des lieux accessibles au public, et consignés au fur et à mesure.
- Les rencontres : lieux, dates, heures, durée, répétition sur la période observée.
- Le lieu de vie effectif, et sa différence éventuelle avec l’adresse déclarée dans la procédure.
- L’identité et l’adresse de la personne concernée, lorsqu’elles sont nécessaires au dossier.
- Le caractère répété ou stable de la relation, qui distingue le fait isolé de la violation renouvelée visée par l’article 242.
- Des clichés pris depuis la voie publique, joints au rapport et rattachés à chaque constatation.
- Un rapport écrit réunissant les constatations datées, horodatées et localisées, avec leurs pièces.
Ce que nous ne ferons pas
Nous n’entrons pas dans un domicile privé, nous n’accédons ni à une messagerie ni à un compte, et nous ne photographions rien à l’intérieur d’un logement. Ce ne sont pas des scrupules : l’article 259-2 du Code civil fait écarter des débats tout constat obtenu par violation de domicile ou atteinte illicite à l’intimité de la vie privée. Sur ce terrain, ce que l’on renonce à recueillir compte autant que ce que l’on rapporte.
Faire chiffrer ce qui est possible dans votre cas Le périmètre et la durée dépendent de votre situation. Ils sont annoncés avant toute intervention.
Demander un devisLa recevabilité : le point qui décide de tout
En matière de divorce, la preuve est libre. L’article 259 du Code civil énonce que les faits invoqués comme causes de divorce peuvent être établis par tout mode de preuve. C’est une latitude considérable, et c’est aussi ce qui trompe : libre ne veut pas dire sans condition.
« Les faits invoqués en tant que causes de divorce ou comme défenses à une demande peuvent être établis par tout mode de preuve, y compris l’aveu. Toutefois, les descendants ne peuvent jamais être entendus sur les griefs invoqués par les époux. » Article 259 du Code civil
Les deux limites posées par le Code civil
L’article 259-1 rend irrecevable tout élément de preuve obtenu par violence ou fraude. L’article 259-2 fait écarter des débats les constats dressés à la demande d’un époux lorsqu’il y a eu violation de domicile ou atteinte illicite à l’intimité de la vie privée. Ces deux textes visent exactement les gestes que l’on est tenté de faire seul : ouvrir un téléphone, lire une messagerie, entrer quelque part. C’est la raison pour laquelle les dossiers les mieux garnis sont parfois les plus fragiles.
Vous avez déjà regardé son téléphone ?
C’est le geste le plus fréquent, et rien n’est perdu : dites-le-nous simplement, avant que ces éléments ne partent au dossier. Un message lu sans autorisation relève de l’article 259-1, et un logiciel installé sur l’appareil d’un tiers vous expose personnellement. Il existe presque toujours une voie licite pour établir le même fait — encore faut-il l’emprunter avant, et non après.
La loyauté de la preuve, et son contrôle de proportionnalité
Longtemps, une preuve obtenue de façon déloyale était écartée des débats sans discussion. Depuis un revirement de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation du 22 décembre 2023, le juge civil ne l’écarte plus automatiquement : il met en balance l’atteinte portée aux droits de la personne visée et le droit à la preuve de celui qui la produit. Ce contrôle de proportionnalité ne rend rien permis — il rend déterminante la manière dont l’élément a été recueilli.
Le recours à un professionnel expérimenté et agréé
L’activité de recherches privées est réglementée par le livre VI du Code de la sécurité intérieure et soumise à l’agrément du CNAPS. Cette qualité n’est pas un argument commercial : elle indique au juge que l’auteur du rapport exerce une profession contrôlée, sous une responsabilité identifiable, ce qui n’est le cas ni d’un proche ni d’un tiers improvisé.
Un doute sur ce qui sera recevable ? Mieux vaut poser la question avant de constituer le dossier qu’après l’avoir déposé.
Demander une consultationCe que la preuve change réellement
Beaucoup de personnes nous appellent en pensant que prouver l’adultère décidera de tout. Mieux vaut le dire franchement : ce n’est pas le cas, et un cabinet qui vous laisserait le croire vous rendrait un mauvais service.
- Sur le prononcé du divorce : les torts peuvent être mis à la charge exclusive de votre conjoint, ce qui reste l’objet même du divorce pour faute.
- Sur les dommages et intérêts : l’article 266 du Code civil permet d’en obtenir en réparation des conséquences d’une particulière gravité. C’est là que la preuve pèse le plus.
- Sur la prestation compensatoire : elle se calcule principalement sur la disparité de niveau de vie créée par la rupture, pas sur les torts. La faute ne la fait pas mécaniquement varier. En revanche, le train de vie réel de votre conjoint — et sa mise en ménage éventuelle — pèsent, eux, directement : c’est un autre motif, renégociation d’une prestation compensatoire.
- Sur la garde des enfants : elle s’apprécie au regard de leur intérêt. Un parent infidèle n’est pas, à ce seul titre, un parent défaillant — et le juge le rappelle régulièrement. Si votre inquiétude porte sur les conditions d’accueil, c’est un autre motif : garde des enfants.
La question à se poser avant d’engager des frais n’est donc pas « puis-je le prouver ? » mais « qu’est-ce que cela change à ma procédure ? ». C’est la première chose dont nous parlons lors du premier échange, et il nous arrive de conclure qu’une enquête ne se justifie pas, et nous vous le dirons.
Comment se déroule une mission
- Un premier échange, gratuit et confidentiel. Vous exposez votre situation ; nous vous disons franchement ce qu’une enquête peut établir dans votre cas, dans quel délai, et ce que cela représente.
- Une proposition écrite. Objectif de la mission, périmètre, durée envisagée et devis. Rien ne démarre sans votre accord signé.
- Les investigations. Menées par un enquêteur agréé, dans le respect du cadre légal, et documentées au fur et à mesure. Vous êtes tenu informé du déroulement.
- Le rapport. Un document écrit, structuré et daté, remis à vous seul. Vous décidez ensuite, avec votre avocat, de le verser ou non à la procédure.
Délais et honoraires
Une mission d’observation se compte en journées ou en demi-journées, et se cale sur les habitudes de la personne concernée plutôt que sur les nôtres : c’est ce rythme qui détermine les moments où il y a quelque chose à constater. Les honoraires reposent sur un taux horaire et sur les frais engagés, annoncés dans le devis avant toute intervention. Aucun montant ne vous est facturé au-delà de ce que vous avez accepté par écrit.
Faire établir un devis pour votre mission Devis écrit, périmètre et durée annoncés, aucun montant au-delà de ce que vous aurez accepté.
Demander un devisQuestions fréquentes
-
Sur le plan civil, oui : l’article 212 du Code civil impose aux époux un devoir mutuel de fidélité, et son manquement peut fonder un divorce pour faute. Sur le plan pénal, non — l’adultère a cessé d’être un délit en 1975. Personne ne risque donc de poursuite pénale : ce qui se joue est la répartition des torts dans la procédure civile de divorce, et ses conséquences.
-
Oui. L’article 259 du Code civil prévoit que les faits invoqués comme causes de divorce peuvent être établis par tout mode de preuve. Deux limites encadrent cette liberté : un élément obtenu par violence ou fraude est irrecevable (article 259-1), et un constat est écarté des débats s’il y a eu violation de domicile ou atteinte illicite à l’intimité de la vie privée (article 259-2). C’est précisément la raison d’être d’un professionnel expérimenté, agréé par le CNAPS : la valeur du rapport tient à la manière dont les constatations ont été recueillies.
-
C’est le geste le plus fréquent, et le plus risqué. Un élément obtenu en accédant sans autorisation à la messagerie de votre conjoint tombe sous le coup de l’article 259-1 du Code civil, et peut par ailleurs vous exposer personnellement. Beaucoup de dossiers s’abîment ainsi avant même d’être plaidés. Avant de forcer quoi que ce soit, parlez-en à votre avocat ou à nous : il existe presque toujours une voie licite pour établir le même fait.
-
Pas par nous. Les investigations sont menées discrètement et le rapport n’est remis qu’à vous, par le moyen de votre choix ou via notre Espace Clients sécurisé, qui vous garantit un accès confidentiel. Il ne devient connu de l’autre partie que si vous choisissez, avec votre avocat, de le verser à la procédure — et cette décision vous appartient entièrement.
-
Une mission d’observation se compte en journées ou en demi-journées : la durée utile dépend des habitudes de la personne concernée, que nous évaluons avec vous lors du premier échange. Les honoraires reposent sur un taux horaire et sur les frais engagés, annoncés dans un devis écrit avant toute intervention. Aucun montant ne vous est facturé au-delà de ce que vous avez accepté.