La concurrence est libre. Le procédé ne l’est pas.
C’est le point de départ, et il déçoit souvent : le simple fait qu’un ancien salarié ou un ancien associé vous prenne des clients n’ouvre aucun droit à réparation. La liberté du commerce et de l’industrie fait de la concurrence la règle, et le démarchage d’une clientèle n’est pas fautif en soi.
Ce qui engage la responsabilité, c’est la faute au sens de l’article 1240 du Code civil — ou la violation d’une clause de non-concurrence valable. Les tribunaux en retiennent classiquement quatre formes.
- Le dénigrement — jeter publiquement le discrédit sur votre entreprise, vos produits ou vos dirigeants, auprès de clients, de fournisseurs ou en ligne.
- La confusion — entretenir dans l’esprit de la clientèle l’idée d’une continuité, d’une filiation ou d’un lien qui n’existe pas : nom, enseigne, présentation, site, références reprises.
- La désorganisation — débauchage massif, détournement du fichier clients, captation de fournisseurs, départ organisé pendant le préavis.
- Le parasitisme — se placer dans le sillage de l’entreprise pour profiter sans bourse délier de ses investissements, de sa notoriété ou de son savoir-faire.
Vérifiez d’abord votre clause de non-concurrence
Beaucoup d’entreprises croient en tenir une, et n’en ont pas. Pour être valable, la clause doit être limitée dans le temps et dans l’espace, spécifique à l’activité de l’intéressé, indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise — et assortie d’une contrepartie financière, faute de quoi elle est nulle. Si la vôtre tient, elle change entièrement le dossier : la seule preuve de l’activité concurrente suffit alors, sans avoir à caractériser un procédé déloyal.
Votre situation relève-t-elle d’un procédé fautif ? Exposez-nous les faits. Nous vous dirons franchement ce qui peut être établi.
Demander une consultationL’article 145 : obtenir la preuve avant le procès
C’est le point que la plupart des dirigeants découvrent trop tard. Vous n’avez pas à assigner pour obtenir des preuves — et vous avez souvent intérêt à ne pas le faire, parce qu’une assignation prévient l’adversaire et lui laisse le temps d’effacer.
« S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. » Article 145 du Code de procédure civile
Sur requête, c’est-à-dire sans que l’adversaire en soit averti, le juge peut désigner un commissaire de justice pour se rendre sur place, copier des fichiers, des messageries professionnelles, des ordinateurs. C’est la mesure qui apporte la preuve interne, celle qu’aucune observation externe ne peut atteindre.
Le motif légitime se démontre par des faits
C’est là que l’enquête sert, et c’est la place exacte qu’elle occupe dans ce type de dossier : le juge n’accorde pas une mesure sur une inquiétude, il l’accorde sur des indices sérieux, datés et sourcés. Une société immatriculée à l’adresse d’un salarié encore en poste, des clients démarchés dont on connaît les dates, un stock stocké dans un local identifié — voilà de quoi bâtir une requête que le juge suivra. Le rapport ne sert pas seulement à gagner le procès : il sert d’abord à obtenir la mesure qui l’instruira.
Le secret des affaires se cumule à ces qualifications : depuis la loi du 30 juillet 2018, les articles L. 151-1 et suivants du Code de commerce protègent l’information qui n’est pas généralement connue, qui tire de ce fait une valeur commerciale, et qui a fait l’objet de mesures de protection raisonnables. Cette dernière condition mérite d’être examinée avant d’agir : un fichier accessible à tout le personnel se défend moins bien qu’un accès tracé et restreint.
Agir vite, mais dans le bon ordre Une assignation lancée trop tôt prévient l’adversaire. Parlons-en avant.
Demander une consultationLes situations qui justifient une enquête
- Un salarié est parti et vos clients suivent, dans un ordre et à un rythme qui n’ont rien d’un hasard.
- Une société concurrente vient d’être créée et vous soupçonnez qu’elle l’a été pendant que l’intéressé était encore en poste, ou qu’elle est dirigée par un prête-nom.
- Votre fichier ou vos documents ont circulé : copie sur support amovible, envoi vers une adresse personnelle, documents retrouvés chez un tiers.
- Vous êtes dénigré auprès de clients ou de fournisseurs, ou en ligne sous couvert d’anonymat.
- Un concurrent entretient la confusion : nom voisin, présentation calquée, vos références présentées comme les siennes.
- Une clause de non-concurrence est en vigueur et vous devez établir que l’activité interdite est réellement exercée.
Faire chiffrer ce qui est possible dans votre cas Le périmètre dépend du nombre d’acteurs et des vérifications à mener. Il est annoncé avant toute intervention.
Demander un devisCe que nos enquêteurs peuvent établir
- L’existence et la réalité de la structure concurrente : immatriculation, dirigeants réels, date de création, siège effectif, moyens.
- Les liens entre cette structure et votre ancien salarié, y compris lorsqu’un tiers figure officiellement à sa place.
- L’activité effectivement exercée, constatée sur le terrain : locaux, stocks, véhicules, chantiers, présence commerciale.
- Le démarchage de votre clientèle, daté, et les témoignages recueillis dans les formes utilisables en justice.
- Les propos de dénigrement et leur diffusion, constatés et conservés.
- Les éléments publics : annonces légales, publications au BODACC, marques déposées, dépôts de comptes, sites et pages professionnelles.
- Un rapport écrit dont votre avocat pourra tirer le motif légitime d’une requête au titre de l’article 145.
Ce que nous ne ferons pas
Nous n’accédons ni aux messageries ni aux serveurs d’un concurrent : la copie de fichiers internes relève du commissaire de justice mandaté par le juge, et d’aucun autre. Nous n’entrons dans aucun local privé, nous ne posons aucun traceur, et nous ne consultons ni les fichiers de police ni les fichiers bancaires ou fiscaux. Nous ne nous présentons pas non plus sous une fausse qualité pour obtenir un document : le procédé se retourne devant le juge, qui écarte alors la pièce et regarde le reste du dossier avec méfiance. C’est cette réserve qui rend le rapport opposable — un seul élément recueilli irrégulièrement fragilise tout le reste.
Parler à un enquêteur avant d’agir Une requête rejetée pour motif légitime insuffisant prévient l’adversaire sans rien apporter.
Demander une consultationComment se déroule une mission
- Un premier échange, gratuit et confidentiel. Vous exposez la situation, vos contrats et vos clauses ; nous vérifions avec vous ce qui pourrait être qualifié de fautif et nous vous disons franchement ce qui peut être établi, dans quel délai et à quel coût.
- Une proposition écrite. Objectif, périmètre, durée envisagée et devis. Nous travaillons volontiers en lien direct avec votre avocat, dont la requête est souvent l’étape suivante. Rien ne démarre sans votre accord signé.
- Les investigations. D’abord documentaires — registres, publications légales, sources ouvertes —, puis sur le terrain pour confirmer la réalité de l’activité, et auprès des clients ou témoins encore identifiables.
- Le rapport. Un document écrit, structuré et daté, remis à vous seul. Vous décidez ensuite, avec votre conseil, de la suite — requête au titre de l’article 145, mise en demeure, assignation, ou rien.
Délais et honoraires
Les vérifications documentaires — immatriculations, dirigeants, publications légales — se mènent en quelques jours ouvrés ; la constatation de l’activité réelle et le recueil de témoignages se comptent en journées. L’urgence est fréquente sur ce motif, et nous en tenons compte. Les honoraires reposent sur un taux horaire et sur les frais engagés, annoncés dans le devis avant toute intervention. Aucun montant ne vous est facturé au-delà de ce que vous avez accepté par écrit.
Rodolphe Desbois, qui dirige le cabinet, est joignable directement sur LinkedIn si vous préférez ce chemin pour un premier contact.
Faire établir un devis pour votre dossier Devis écrit, périmètre et durée annoncés, aucun montant au-delà de ce que vous aurez accepté.
Demander un devisQuestions fréquentes
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Oui, en principe. La liberté du commerce et de l’industrie fait de la concurrence la règle, et le simple fait de démarcher d’anciens clients n’est pas fautif en soi. Deux choses changent cela. D’abord une clause de non-concurrence, si elle est valable — limitée dans le temps et dans l’espace, spécifique à l’activité, indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise, et assortie d’une contrepartie financière ; sans contrepartie, elle est nulle. Ensuite le procédé employé : c’est lui, et non la concurrence elle-même, qui engage la responsabilité.
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La faute, au sens de l’article 1240 du Code civil. Les tribunaux en retiennent classiquement quatre formes : le dénigrement, c’est-à-dire le discrédit jeté publiquement sur l’entreprise ou ses produits ; la confusion, quand on entretient dans l’esprit de la clientèle l’idée d’une continuité ou d’un lien ; la désorganisation, par débauchage massif, détournement de fichier ou captation de fournisseurs ; et le parasitisme, qui consiste à se placer dans le sillage d’autrui pour profiter sans bourse délier de ses investissements. C’est cette qualification que les constatations doivent nourrir.
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Non, et c’est souvent une erreur de commencer par là. L’article 145 du Code de procédure civile permet, avant tout procès, de demander au juge une mesure d’instruction — constat par commissaire de justice, saisie de fichiers informatiques, copie de messageries professionnelles — lorsqu’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige. Toute la difficulté est de démontrer ce motif légitime : cela suppose des faits, datés et sourcés. C’est précisément l’objet de l’enquête, et c’est pourquoi elle intervient en amont de la requête, pas après.
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Deux protections se cumulent. Le détournement d’un fichier constitué par l’entreprise est un procédé déloyal caractérisé, et il peut aussi relever de l’abus de confiance au pénal. Par ailleurs, depuis la loi du 30 juillet 2018, les articles L. 151-1 et suivants du Code de commerce protègent le secret des affaires : une information qui n’est pas généralement connue, qui a une valeur commerciale de ce fait, et qui a fait l’objet de mesures de protection raisonnables. Cette dernière condition compte — un fichier laissé accessible à tous est plus difficile à défendre. C’est un point que nous examinons avec vous.
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Cela arrive, et ce n’est pas un mauvais résultat. Savoir qu’il n’y a pas de société concurrente immatriculée, pas de démarchage organisé, pas de fichier sorti, vous évite d’engager une procédure qui aurait été perdue et coûteuse — et vous laisse traiter la baisse d’activité pour ce qu’elle est. Nous vous alertons dès qu’une piste s’épuise plutôt que de prolonger une mission qui ne produira rien.