Ce que coûte un arrêt, et ce que vous pouvez vérifier
Un arrêt prolongé ne se limite pas aux indemnités journalières versées par la caisse. L’employeur verse un complément de salaire, remplace en intérim ou en heures supplémentaires, réorganise, et parfois perd des clients. Sur un poste clé, le coût réel se compte en dizaines de milliers d’euros par an. C’est ce qui rend la question légitime.
Elle l’est d’autant plus que la loi vous donne déjà un moyen de contrôle : l’article L. 1226-1 du Code du travail subordonne le versement du complément à la possibilité, pour l’employeur, de faire procéder à une contre-visite médicale. Le médecin mandaté se prononce sur le caractère justifié de l’arrêt ; s’il conclut qu’il ne l’est pas, ou si le salarié est absent en dehors des heures de sortie autorisées, le complément peut être suspendu.
La contre-visite et l’enquête ne répondent pas à la même question
Le médecin contrôleur se prononce sur un état de santé, à l’instant où il se présente, et il peut être trompé. L’enquête porte sur des faits : ce que le salarié fait de ses journées, pour qui, et où. Les deux se complètent et ne se remplacent pas. Beaucoup de dossiers commencent par une contre-visite non concluante — ce n’est pas un échec, c’est le signe que la réponse est ailleurs.
Votre situation justifie-t-elle une enquête ? Exposez-nous ce dont vous disposez déjà. Nous vous dirons franchement ce qui peut être établi.
Demander une consultationLe point que presque tous les employeurs ignorent
C’est celui qui décide du sort du dossier, et il vaut mieux le connaître avant d’engager quoi que ce soit : établir que le salarié sort de chez lui n’est pas suffisant.. Les heures de présence obligatoire au domicile relèvent des règles de l’assurance maladie (article R. 323-11-1 du Code de la sécurité sociale) ; leur inobservation intéresse la caisse, qui peut suspendre les indemnités journalières, mais elle ne fonde pas à elle seule une sanction disciplinaire.
La chambre sociale de la Cour de cassation juge de manière constante que l’exercice d’une activité pendant un arrêt de travail ne constitue pas, à lui seul, un manquement à l’obligation de loyauté de l’article L. 1222-1 du Code du travail. Pour fonder un licenciement, l’acte doit causer un préjudice à l’employeur.
Ce qu’il faut donc chercher
Non pas une sortie, mais une activité professionnelle et son rattachement à un préjudice : travail pour un concurrent, clientèle démarchée, chantier mené pour son propre compte pendant que vous versez le complément, activité non déclarée, usage des moyens de l’entreprise. C’est ce périmètre-là que nous fixons avec vous avant de commencer — et c’est ce qui distingue un rapport qui sert d’un rapport qui indigne sans rien produire.
Le cadre : ce que le juge contrôlera
Faire surveiller un salarié n’est pas interdit. Le faire sans cadrage prive l’employeur du bénéfice de ce qu’il découvre, et l’expose.
« Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. » Article L. 1121-1 du Code du travail
La chambre sociale juge qu’une filature organisée par l’employeur pour contrôler l’activité d’un salarié est un moyen de preuve illicite lorsqu’elle porte à sa vie privée une atteinte disproportionnée au but poursuivi (26 novembre 2002, n° 00-42.401). Mais depuis l’arrêt du 25 novembre 2020 (n° 17-19.523), et surtout depuis l’assemblée plénière du 22 décembre 2023, le juge met en balance l’atteinte portée et le droit à la preuve : un élément irrégulier peut être retenu s’il est indispensable et si l’atteinte reste proportionnée.
Autrement dit, tout se joue sur la proportionnalité — et la proportionnalité se prépare : soupçons antérieurs documentés, périmètre limité aux seuls créneaux utiles, durée courte, constatations depuis la voie publique, arrêt de la mission dès l’objectif atteint. C’est ce travail de cadrage, autant que l’observation, que vous nous confiez.
Un doute sur ce qui sera recevable ? Mieux vaut poser la question avant de constituer le dossier qu’après l’avoir déposé.
Demander une consultationLes situations qui justifient une enquête
- L’arrêt se prolonge et se renouvelle sans évolution, souvent au-delà de ce que la pathologie annoncée laissait attendre.
- Des indices concordants remontent : un client qui a croisé le salarié en activité, une annonce en ligne, une page professionnelle, un véhicule vu sur un chantier.
- L’arrêt suit immédiatement un refus — congé, mutation, sanction, entretien préalable — ou tombe systématiquement aux mêmes périodes.
- Une concurrence est soupçonnée : création de société, clientèle démarchée, activité pour un concurrent direct. C’est le cas où le préjudice est le plus facile à caractériser.
- La contre-visite n’a rien donné parce que le salarié était absent, ou parce que le médecin a conclu à un arrêt justifié alors que les faits observés dans l’entreprise disent autre chose.
- Un cumul d’emplois est en cause, avec le risque d’exposition de l’entreprise en cas de travail dissimulé.
Faire chiffrer ce qui est possible dans votre cas Le périmètre et la durée dépendent des créneaux à couvrir. Ils sont annoncés avant toute intervention.
Demander un devisCe que nos enquêteurs peuvent établir
- L’existence d’une activité exercée pendant l’arrêt, datée, horodatée et localisée.
- La nature de cette activité et, lorsqu’elle est professionnelle, l’entreprise ou la clientèle pour laquelle elle est menée.
- Le rattachement à une structure : société créée ou dirigée, immatriculation, mandats sociaux, annonces légales — tout ce qui est légalement consultable.
- La concurrence effective, lorsqu’elle existe : clientèle commune, démarchage, moyens de l’entreprise employés ailleurs.
- La récurrence des faits sur les créneaux observés, qui est ce qui distingue un incident d’un comportement.
- Un rapport écrit réunissant les constatations datées et leurs pièces, destiné à votre conseil.
Ce que nous ne ferons pas
Nous n’entrons dans aucun domicile privé et nous ne photographions rien à l’intérieur d’un logement. Nous ne posons aucun dispositif de géolocalisation sur un véhicule, nous n’installons aucun logiciel sur un téléphone ou un ordinateur, nous n’accédons ni à une messagerie ni à un compte en ligne, et nous ne consultons ni les fichiers de police ni les fichiers bancaires ou fiscaux. Nous n’interrogeons pas non plus les collègues du salarié : c’est le procédé qui se retourne le plus vite contre l’employeur. C’est cette réserve qui rend le rapport opposable — un seul élément recueilli irrégulièrement fragilise tout le reste.
Parler à un enquêteur avant d’agir Un entretien préalable engagé sur une pièce fragile coûte plus cher qu’une enquête bien cadrée.
Demander une consultationComment se déroule une mission
- Un premier échange, gratuit et confidentiel. Vous exposez la situation et ce dont vous disposez déjà ; nous vérifions avec vous le cadre — antériorité des soupçons, règlement intérieur, dispositifs existants — et nous vous disons franchement ce qui peut être établi, dans quel délai et à quel coût.
- Une proposition écrite. Objectif, périmètre, créneaux retenus, durée envisagée et devis. Le périmètre restreint n’est pas une précaution commerciale : c’est lui qui rendra le rapport proportionné. Rien ne démarre sans votre accord signé.
- Les observations. Menées par un enquêteur agréé, depuis la voie publique, sur les seuls créneaux retenus, et interrompues dès que l’objectif est atteint. Vous êtes tenu informé du déroulement.
- Le rapport. Un document écrit, structuré et daté, remis à vous seul. Vous décidez ensuite, avec votre conseil, de la suite — suspension du complément, entretien, sanction, signalement, ou rien.
Délais et honoraires
Une mission d’observation sur ce motif se compte en journées ou en demi-journées, calées sur les créneaux utiles plutôt que sur des horaires de bureau ; les vérifications documentaires qui l’accompagnent se mènent en quelques jours ouvrés. Les honoraires reposent sur un taux horaire et sur les frais engagés, annoncés dans le devis avant toute intervention. Aucun montant ne vous est facturé au-delà de ce que vous avez accepté par écrit, et nous vous alertons dès qu’une piste s’épuise.
Rodolphe Desbois, qui dirige le cabinet, est joignable directement sur LinkedIn si vous préférez ce chemin pour un premier contact.
Faire établir un devis pour votre dossier Devis écrit, périmètre et durée annoncés, aucun montant au-delà de ce que vous aurez accepté.
Demander un devisQuestions fréquentes
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Oui, mais à des conditions que le juge contrôle. L’article L. 1121-1 du Code du travail n’admet une restriction aux libertés du salarié que justifiée par la nature de la tâche et proportionnée au but recherché, et la chambre sociale de la Cour de cassation juge illicite la filature qui porte à la vie privée une atteinte disproportionnée (26 nov. 2002, n° 00-42.401). En pratique, cela veut dire : des soupçons antérieurs documentés, un périmètre restreint, une durée courte, des constatations depuis la voie publique. Ce cadrage fait partie de la mission — c’est même la partie que vous ne pouvez pas faire seul.
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Elle répond à une autre question. Le médecin mandaté au titre de l’article L. 1226-1 du Code du travail se prononce sur le caractère justifié de l’arrêt à l’instant où il se présente ; s’il conclut que l’arrêt n’est pas justifié, ou si le salarié est absent hors des heures de sortie autorisées, le complément de salaire versé par l’employeur peut être suspendu. Mais elle ne dit rien de ce que le salarié fait de ses journées, et elle ne constate pas une activité menée ailleurs. Les deux démarches se complètent : l’une porte sur l’état de santé, l’autre sur les faits.
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Non en soi. Les heures de présence obligatoire au domicile relèvent des règles de l’assurance maladie (art. R. 323-11-1 du Code de la sécurité sociale) et leur inobservation intéresse d’abord la caisse, qui peut suspendre les indemnités journalières. Et la chambre sociale juge de manière constante que l’exercice d’une activité pendant un arrêt ne constitue pas, à lui seul, un manquement à l’obligation de loyauté : il faut un préjudice pour l’employeur. C’est pourquoi une enquête utile ne cherche pas à établir que le salarié est sorti, mais s’il exerce une activité concurrente, non déclarée, ou incompatible avec l’arrêt.
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Une activité professionnelle exercée pendant l’arrêt, et de préférence son rattachement à un préjudice : travail pour un concurrent, clientèle détournée, activité non déclarée menée avec les moyens de l’entreprise, chantier mené pour son propre compte pendant que vous versez le complément de salaire. Ce sont ces faits-là, datés et localisés, qui fondent une sanction, alimentent un signalement à l’organisme social ou justifient la suspension du complément. Les constatations sont réunies dans un rapport écrit destiné à votre conseil.
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Pas par nous, et pas pendant la mission. Nos interlocuteurs sont vous et la personne que vous désignez. Le rapport vous est remis à vous seul : il ne devient connu du salarié que si vous décidez de le produire, dans une procédure ou lors d’un entretien. Cette décision vous appartient, et il est fréquent que le dossier ne serve jamais — parce qu’il a permis de trancher autrement.